« Notre pays a besoin, plus que jamais, d’une voix de gauche, d’une alternative sociale »

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Raoul Hedebouw
PVDA-PTB

Discours du 1er Mai de Raoul Hedebouw, président du PTB

 Cher(e)s camarades,


 

Le 1er mai est chaque année un jour spécial pour nous, en tant que Parti du Travail. Mais cette année, le 1er mai est encore plus spécial. Car dans moins de six semaines, bien sûr, se tiendront des élections.

 

 


Notre pays a plus que jamais besoin d'une voix de gauche, d'une politique de gauche. Une politique à dimension humaine au service des gens. Mais nous devons aussi oser parler du fond, de ce que c’est qu’une politique de gauche et de comment l’appliquer.

Certains continuent de répéter que le PTB préfère rester sur la touche et ne pas proposer de solution concrète, qu'un vote pour le PTB, ce serait un « vote perdu ». C’est n’importe quoi.


Le PTB met en avant des solutions concrètes et nous avons un vrai impact. Prenons, par exemple, la baisse de la TVA à 6% sur l’énergie, la hausse de la pension minimale ou le Fonds Blouses Blanches. Qui s'est battu avec les syndicats pour imposer ces mesures et qui a gagné ? Qui a imposé la suppression des suppléments de pensions des politiciens ? Voilà des exemples de solutions concrètes que le PTB a mis sur la table et pour lesquelles nous avons obtenu des victoires. Sans parler de nos propositions de taxe des millionnaires, d’augmentation des salaires ou de supprimer les primes de départ des députés. Comment peut-on dire que ce ne sont pas des solutions concrètes ?

 

On le voit déjà aujourd’hui, le PTB tire le débat vers la gauche. Prenons la taxe des millionnaires. Pendant dix ans, nous avons fait cavalier seul en demandant d’aller chercher l'argent là où il se trouve. Au début de la campagne, tous les autres partis étaient encore opposés à une taxe des millionnaires. Mais nous voyons que les lignes bougent. Aujourd’hui, les socialistes et les Verts ont chacun leur propre proposition de taxe des millionnaires. Bien entendu, il s'agit de propositions édulcorées, vous vous en doutez, hein. Et si l'on en croit le test électoral, même les libéraux sont d'accord pour dire que les personnes très riches devraient payer plus d'impôts (rires). Qui l’eut cru ? Ce n'est pas un hasard, chers amis. C'est la pression du PTB en action.


Personne ne peut nier que le PTB pèse plus que jamais dans le débat et arrache des victoires concrètes.

 

Construire une alternative de gauche

 

Vooruit (parti socialiste flamand) préfère gouverner avec la N-VA (parti nationaliste flamand de droite) ou avec le PTB ? C'est la question qu'un journaliste a posée hier à Melissa Depraetere (présidente de Vooruit). Et quelle a été sa réponse ? Plutôt avec la N-VA. Et elle donne cette réponse dans son interview du 1er mai, jour de la Fête du Travail !


La réalité est qu'aujourd'hui Vooruit doit faire un choix : soit une alliance de gauche avec le PTB, soit son alliance avec la N-VA. Nous leur tendons encore la main. Soit nous travaillons ensemble pour obtenir une véritable taxe sur les millionnaires, des salaires plus élevés et un retour de l'âge de la pension à 65 ans. Soit Vooruit et la N-VA bloquent davantage nos salaires et économisent des milliards sur nos soins de santé et notre sécurité sociale.

 

Parce que franchement : qui croit vraiment qu’avec la N-VA, on va obtenir la justice fiscale ? Aujourd'hui, la triste vérité est que si vous votez pour Vooruit, vous recevez la N-VA gratuitement en plus. La N-VA, le parti qui propose un programme d'austérité complètement antisocial. Ce parti veut économiser 4 milliards d'euros sur les soins de santé, c’est un point central de leur programme. C’est le parti du saut d'index et de l'attaque contre nos pensions. Le parti qui roule pour les ultra-riches et qui bloque toute forme de justice fiscale. Nous avons vu à Anvers ce que l'alliance entre la N-VA et Vooruit signifie en réalité et le résultat est loin d'être positif pour la gauche.

 

Mais on peut faire autrement. Nous pouvons construire une alternative de gauche. Et pour cela, nous avons besoin du PTB. Nous prouvons déjà aujourd'hui à Zelzate et à Borgerhout - où nous gouvernons avec Vooruit - que nous pouvons bien travailler ensemble. Qu'il est possible de faire les choses différemment.

 

Forcer le changement

 

Le vote pour le PTB est le vote stratégique pour la gauche le 9 juin. Un vote pour le PTB, c'est un vote pour une force de gauche qui fait pression et qui fait bouger les lignes. Un vote pour le PTB, c'est un vote pour un bloc de gauche qui fait de la justice fiscale et du pouvoir d'achat des points de rupture.

 

Nous devons être aussi forts que possible pour que notre voix soit encore plus forte et que les autres ne puissent pas nous ignorer. C'est l’enjeu du 9 juin. Nous le sentons sur le terrain, dans les quartiers, dans les entreprises, et nous le voyons dans les sondages : notre parti a le vent en poupe dans tout le pays.

 

Certains politologues l'ont déjà remarqué : le PTB obtient également d’excellents résultats chez les jeunes. Dans le grand sondage réalisé par Het Laatste Nieuws auprès des jeunes, notre député Jos D'haese a même été élu l'homme politique le plus populaire ! Avec les jeunes, les travailleurs et tous ceux qui veulent une autre politique, nous pouvons forcer le changement.

 

Pourquoi nous battons-nous pour la justice fiscale et pour une taxe des millionnaires ? Parce que nous ne voulons pas que des enfants aillent à l’école avec une boîte à tartine vide. Parce que nous ne voulons pas que des familles soient incapables de payer leurs factures d'énergie. Parce que nous ne voulons pas que les pensionnés ne reçoivent pas les soins dont ils ont besoin parce qu'ils ont peur de ne pas pouvoir se les payer. Parce que nous ne voulons pas que les gens attendent leur bus dans le froid parce que leur arrêt a été supprimé.

 

Non, camarades, il ne faut pas se contenter de vaines promesses. Il est temps que les super-riches paient leur juste part. Il est temps d’oser aller chercher l'argent là où il se trouve plutôt que dans la poche des travailleurs ! Tax The Rich !

 

Tax The Rich !

 

Oxfam a publié aujourd’hui une étude qui montre que des grandes entreprises belges ne paient presque pas d’impôts dans notre pays. Ils ont épluché les impôts des 45 plus grandes entreprises actives en Belgique sur la période 2017-2022. Et qu’ont-ils constaté ? Le taux d’imposition effectif sur les bénéfices de la moitié de ces entreprises n’atteint même pas les 15 %. Selon Oxfam, 15 de ces grandes entreprises paient carrément moins de 5 % d’impôts. Quel indépendant ou PME peut en dire autant ? Les citoyens et citoyennes de ce pays paient beaucoup d’impôts, mais les grandes entreprises reçoivent toute une série de faveurs. Ce n’est quand même pas normal ?

 

Tout le monde n’a que les mots « justice fiscale » à la bouche. Mais ceux qui veulent VRAIMENT le justice fiscale doivent rejoindre le PTB. Parce que les partis du gouvernement, comme les verts et les sociaux-démocrates, crient sur tous les toits qu’ils veulent taxer les super-riches, mais la réalité est qu’après 5 ans au gouvernement, il n’y a eu aucune mesure pour rendre la fiscalité plus juste. Aujourd’hui, notre pays est encore et toujours un enfer fiscale pour les travailleurs et un paradis fiscal pour les ultra-riches et les multinationales. Nous ne l’acceptons pas. Il est temps de supprimer les niches fiscales pour les multinationales.

 

Une des principales niches fiscales en Belgique est la suivante : les grandes entreprises et multinatioanles achètent des actions en masse, les vendent en faisant des profits faramineux, et paient 0,0 % d’impôt sur ces profits. Rien du tout. Une filiale d’Engie : 1 milliard d’euros de profit sur la vente d’actions, 0 euros d’impôts là-dessus. Ackermans & Van Haaren : 340 millions d’euros de profit, 0 euros d’impôts. Et la liste est encore longue.

 

Ces multinationales profitent à fond de cette niche fiscale qui existe dans notre pays. Mais ce n’est pas comme ça partout. Nous avons été voir comment ça se passe au Canada, où des impôts équitables existent sur ces ventes d’action. Et en nous inspirant de ça, nous avons développé une proposition réaliste, avec une taxe sur la vente des actions, à deux tiers du taux d’imposition normal des sociétés. Une contribution raisonnable et réaliste. Et nous l’avons calculé : notre taxe Canada rapporterait quelque 2 milliards d’euros par an. De l’argent qui serait bien utile pour la collectivité.


Le blocage salarial est inacceptable


Soyons clairs : d’une part les multinationales doivent payer leur juste part, mais d’autre part les salaires des travailleurs et travailleuses de ce pays doivent pouvoir augmenter. C’est un point de lutte essentiel pour nous - et d’autant plus important à rappeler pour une journée de lutte comme le 1er mai. : le blocage salarial appliqué depuis 5 ans par le gouvernement est une attaque inacceptable contre le monde du travail.

 

Ce n’est pas normal que quelqu’un qui travaille temps-plein n’arrive pas s’en sortir avec son salaire. Ce n’est pas normal qu’une multinationale réalise des milliards d’euros de bénéfice et que ses travailleurs ne puissent pas avoir la moindre augmentation de salaire. Ce n’est pas normal que le BEL20, les 20 plus grandes entreprises côtées en bourse en Belgique, distribuent presque 10 milliards d’euros de dividendes, mais qu’il n’y ait aucune augmentation pour les salaires.


C’est faux de dire qu’il n’y a pas d’argent. Dans les grandes entreprises et secteurs qui font des bénéfices, il doit pouvoir y avoir des marges pour augmenter les salaires. Le 9 juin, deux projets s'affrontent : celui de la continuité libérale, de l’austérité et du marché, ou celui de la rupture sociale, qui ose défier le pouvoir de l’argent et les privilèges des politiciens.


La locomotive sociale


Le projet libéral, c’est le cadre de l’austérité et du marché. C’est celui de la pension à 67 ans et du blocage des salaires. Des cadeaux pour les millionnaires et des taxes pour la classe travailleuse. C’est un projet antisocial et anti-démocratique. Ce projet, c’est celui du MR ou sa version repeinte dans une autre couleur Des Engagés (parti démocrate chrétien francophone) mais qui n'est pas très différente. Ce sont aussi ces idées de droite qui contaminent trop souvent PS (Parti socialiste francophone) et Ecolo (parti Vert francophone) .


Face à ce projet de droite, il y a le projet de rupture sociale du PTB. Le projet de celles et ceux qui osent défier le pouvoir de l’argent et les privilèges des politiciens. Notre projet, c'est la taxe des millionnaires, la TVA à 0% sur le caddie au supermarché ou la fin du blocage salarial. D’un côté la continuité de la politique libérale de ces trente dernières années, de l’autre, la rupture sociale.


Les étudiants du supérieur nous ont montré un bout de ce que pouvait vouloir dire le choix d’une rupture sociale. Par leur mobilisation, ils ont empêché que des milliers de jeunes, des enfants de la classe travailleuse, soient exclus de l’enseignement supérieur. Ils ont rejeté la vision élitiste de l’enseignement supérieur de la famille libérale. Ils ont réussi à ce qu’on revienne sur le décret paysage, cette réforme qui avait été votée il y a deux ans sous l’impulsion des libéraux avec le soutien des socialistes et des écologistes


Avec le PTB, nous les avons soutenus, nous avons montré que nous pouvions faire des compromis à condition qu’on aille dans le sens d’une rupture sociale. Et ensemble, nous avons pu arracher des avancées.


Cela montre qu’un autre chemin est possible. Que la gauche n’est pas condamnée aux renoncements et à la trahison. Qu’elle peut être porteuse de victoires et d’espoirs, à condition de vouloir rompre avec le cadre libéral qu’on nous impose et d’avoir un mouvement social solide qui se développe. C’est ce chemin que nous voulons poursuivre.

Face à la locomotive libérale, nous sommes la locomotive sociale. C’est maintenant au PS et à Ecolo à ne pas se tromper de train, à sortir de leur renoncement, à sortir des rails du libéralisme, à faire le choix de la rupture avec des points clairs qui ne seront pas juste des attrapes-voix mais qui resteront des points de combat après le 9 juin.


Plus nous serons forts, plus nous pourrons renforcer la mobilisation sociale. Plus nous serons forts, plus nous pourrons jouer notre rôle de locomotive politique de la rupture sociale. Plus nous serons forts, plus nous pourrons forcer la gauche de renoncement que sont aujourd’hui PS et Ecolo à rejoindre le camp de la transformation sociale.

 

Pour la fin des privilèges des politiciens

 

Camarades, nous avons encore sorti des révélations : les grosses primes de départ des politiciens. Si un travailleur est licencié, il reçoit une allocation de chômage. Mais les politiciens qui ne sont pas réélus ont mis sur pied une prime de départ pour eux-mêmes. Jusqu’à 250 000, et même 500 000 euros : c’est fou ! Et ils jouent tous dans ce jeu : les libéraux, les socialistes, les verts, les Engagés, la N-VA et oui, le Vlaams Belang (parti nationaliste d’extrême droite flamand) aussi.

 

Encore une fois, le Vlaams Belang est à la pointe pour profiter des prvilèges. Plutôt deux fois qu’une, même. Prenez leur députée Marijke Dillen. En 2014, elle a déjà reçu 450 000 euros parce qu’elle quittait le parlement. Mais elle est revenue plus tard, et a maintenant droit à une nouvelle prime de départ si elle n’est pas réélue. Il faut oser.

 

Prenez aussi Maggie De Block, députée Open Vld (parti libéral flamand). Non seulement elle empoche 316 890 euros, mais elle annonce aussi prendre sa pension à 62 ans pour devenir « grand-mère à temps plein ». C’est cette même Maggie De Block qui a voté la pension à 67 ans et qui a dit à l’époque que tout le monde devrait travailler plus longtemps. Il faut le faire !

 

Mais ici aussi, le poids du PTB se fait sentir. Patrick Dewael (Open Vld) et Servais Verherstraeten (CD&V, parti démocrate chrétien flamand) ont annoncé cette semaine qu’ils ne prendraient que la moitié de la prime à laquelle ils ont droit. Pas 500 000 euros, donc, mais 250 000. Et bien, Messieurs Dewael et Verherstraeten, je crois que vous ne nous avez pas bien compris. Nous ne voulons pas diviser par deux les primes de départ. Nous voulons supprimer tout ce système. Nous voulons mettre fin aux privilèges des politiciens.

 

Notre proposition de supprimer ce système de privilèges a encore été rejetée mardi dernier par tous les partis traditionnels. Tous. Le Vlaams Belang a carrément fui la réunion pour ne pas devoir voter. Barbara Pas, du Vlaams Belang, a prétendu sur Twitter que c'était un «hasard » qu'elle était absente, et qu'elle soutient notre proposition. Mais la réalité, camarades, c'est que le Vlaams Belang a encore vote CONTRE notre proposition en décembre dernier, et que leurs députés, comme Marijke Dillens ou Jan Penris en 2019, comme tous les autres, a profité du système. Ce n'est pas un hasard : comme toujours, c'est « nos profiteurs d'abord », avec eux.

 

Mais nous n’allons pas nous arrêter là. Nos députés ont déjà annoncé qu’ils ne prendraient pas la prime de départ. Nous continuons le combat. Et celles et ceux qui veulent la fin de ces privilèges des politiciens doivent voter PTB le 9 juin.

 

Stop au génocide contre le peuple palestinien, sanctions contre Israël

 

Camarades, au moment où nous parlons, le terrible génocide contre le peuple palestinien est toujours en cours. Des fosses communes ont été découvertes près d’un hôpital occupé par l’armée israélienne. Un génocide en live à la TV et sur les médias sociaux. Cela dure depuis 7 longs mois, mais il n’y a toujours aucune sanction prise par les États-Unis ou l’Europe contre Israël.

Au contraire, Biden a annoncé un gros paquet de milliards de soutien et d’armements pour Israël. L’Europe continue de soutenir Israël. Le gouvernement belge continue de laisser transiter des armes sur son territoire vers Israël. Nos ministres font des déclarations, mais il n’y a pas d’actes qui suivent.

C’est pour cela qu’il faut continuer à se mobiliser. On voit qu’on peut mettre la pression sur notre gouvernement. Je pense aussi aux courageux étudiants qui se mobilisent dans les universités américaines et en France. On ne peut pas lâcher. Il y a une nouvelle grande manifestation nationale pour la Palestine le 19 mai à Bruxelles. Nous appelons à être massivement présents ce jour-là.

 

Le besoin d’une voix de gauche


Camarades, nous sommes dans la dernière ligne droite avant les élections. Notre pays a besoin, plus que jamais, d’une voix de gauche, d’une alternative sociale. Une alternative qui redonne de l’espoir et des perspectives aux gens. Cela répond à l'appel des gens pour une autre politique.

Une alternative qui ose regarder vers le haut : vers les grandes multinationales, les multimillionnaires et la classe dirigeante. Au lieu de regarder vers le bas, vers les plus vulnérables de notre société. Et cette alternative, chers amis, c'est le PTB.


Le PTB est le moteur d'une politique différente, une politique de gauche. Le PTB est le moteur pour protéger notre pouvoir d’achat. Le PTB est le moteur pour se battre pour la fin des privilèges des politiciens. Le PTB est le moteur pour une véritable solidarité avec la Palestine et la fin de l'impunité d'Israël. De plus en plus de gens veulent une alternative sociale et nous rejoignent.

 

Mais ce n’est pas encore gagné, camarades. Les semaines qui viennent, on va encore devoir tout donner.

 

Nous allons avoir besoin de chaque voix. Aidez-nous durant les six prochaines semaines. Aidez-nous à nous rendre visibles et mettez une affiche à votre fenêtre. Aidez-nous à diffuser nos dépliants ou participez à nos tournées dans les quartiers pour convaincre les gens de voter pour le PTB.

 

Camarades, avec le PTB, nous sommes toujours de votre côté. Alors faisons entendre notre voix le 9 juin. Avec votre aide, il n’y a pas qu’aujourd’hui que nous allons faire du rouge la couleur dominante. Ensemble, imposons le changement !

 

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